Mittwoch, 13. Februar 2008

Interprète dans l'ombre

Ecrit par Sébastien Vannier, le 13-02-2008


Cachée au cinquième étage du palais du festival, Caroline Elias reste invisible mais pas inaudible pendant la projection des films. Rencontre avec cette interprète franco-allemande qui prête sa voix aux stars du grand écran

Caroline, un film, deux langues (Photo. Privat)

Jongler entre l’allemand et le français, voire l’anglais. Faire l’aller-retour entre le texte et l’image. Tout ça en direct. Dans ce milieu de l’interprétariat a priori voué à l’ombre d’une cabine en fond de salle, Caroline Elias se définit elle-même comme "exotique".

Interprète pour ne plus avoir à faire la queue
La carrière de Caroline Elias commence par hasard, ou presque. "En 1994, lors d’un séminaire sur le cinéma français muet au cinéma Arsenal, j’entendais un groupe d’Allemands qui avaient du mal à déchiffrer les panneaux en français. Dans le noir, je leur ai alors proposé de faire la traduction. A la fin du film ils m’ont remercié et la gérante de salle m’a dit que mes services pourraient être utiles". Quelques années plus tard, Caroline Elias devient interprète pour la Berlinale et, en rigolant, ne cache pas sa motivation première : "Ne plus avoir à faire la queue".
Pour la 58e édition de la Berlinale, cette année, elle "dira" donc trois films de la compétition officielle, à quoi s’ajoutent des dizaines d’entretiens, des interviews avec la presse... Elle sera même l’interprète de Jeanne Moreau, présente à Berlin

Subir les extrêmes
Pour Caroline Elias, être interprète, c’est d’abord "faciliter la communication". En effet, pour les membres du jury ou du public qui ne comprennent ni la langue originale du film, ni celle des sous-titres (anglais ou allemand), des interprètes sont présents en cabine pour les projections importantes. Interprète, c’est aussi, selon elle, "savoir subir les extrêmes". "Il faut savoir rester isolée, coupée du monde comme dans une cellule pendant de très longues heures, puis ensuite pouvoir animer des débats sur une scène face à 800 personnes. C’est très difficile mais c’est ça que j’adore". Ce goût pour la scène et la communication avec le public, Caroline Elias l’explique également par ses expériences précédentes en tant que journaliste ou sur les plateaux de tournage.

Pfuedi !
Pendant la Berlinale, Caroline Elias ne compte donc pas ses heures de travail. "La répartition des films n’a lieu que quelques jours avant la Berlinale. Cette année, par exemple, j’ai eu Kirschblüten-Hanami en allemand que je dois dire en français pendant la projection. Pour ce film-là j’ai réussi à avoir le script pour la post-synchronisation et je dois encore récupérer le DVD la veille. Mais ça reste un cas idéal et exceptionnel. Ensuite, il faut travailler le texte pour repérer les moments difficiles ou rapides". Caroline Elias raconte ainsi une anecdote dans la lecture du scénario : "Je suis tombée sur "Pfuedi" qui, après recherche, vient de "Pfuedi Gott" ou "behüt’ dich Gott" en bavarois. C’est donc régional, culturel et très difficle à traduire et il faudra que je me contente d’un simple "salut !" en français".

Sébastien VANNIER

Paru au www.lepetitjournal.com - Berlin, mercredi 13 février 2008

Mittwoch, 14. November 2007

Apprendre le métier

Le blog suscite beaucoup de mails de jeunes qui s'intéressent à la profession. Surtout la version allemande, lue par des jeunes allemands.

Désormais, ceux qui lisent le français pourront suivre le blog d'un jeune interprète en cours de formation. Semaine après semaine, il nous fait participer à son développement. Étudiant à l'université de Westminster, il explique les étapes de la formation.

Cette semaine, le cours s'est mis à découvrir les consoles des cabines d'interprète :Le petit bouton à côté du levier rose sert à désactiver le microphone pour de courtes périodes, mais il faut le maintenir enfoncé. C'est drôle, en allemand, il a son propre nom qui, une fois de plus, démontre à quel point la langue allemande est concrète, il s'appelle "die Räuspertaste " (bouton pour se racler la gorge).

Pour lire le blog, suivez ce lien.

Montag, 28. Mai 2007

Fidélité

La beauté du langage ne suffit pas pour faire estimer une traduction excellente. Il n'y a personne qui n'avoue que la qualité la plus essentielle à un bon traducteur, c'est la fidélité...

Claude-Gaspar Bachet de Méziriac (1581-1638)

Samstag, 12. Mai 2007

Vous permettez ?

Bonjour, pour que vous sachiez qui est l'auteur de ces lignes : Je m'appelle Caroline, je suis franco-allemande et je travaille comme interprète depuis plus de dix ans. Journaliste de formation, je rédige aussi les dossiers de presse, mais uniquement pour des films de cinéma que j'aime. J'ai beaucoup travaillé dans le domaine du cinéma, occupant différentes tâches, ce qui m'a amené à enseigner aux universités de la région, un jour par semaine.

Autres spécialisations : l'architecture, l'art, l'histoire, l'urbanisme, l'éducation, les sciences politiques.

Dienstag, 8. Mai 2007

Interprètes ...

- ... vous parlez de chanteurs, là ?! Ou de traducteurs ... ?
- De traducteurs-interprètes.
- Ah bon ! ... Au fait, c'est quoi, la différence ?
- Vous allez voir.
- Et Berlin dans tout ça ?
- On y vit.