04.08.2026

Bonjour !

Je vous souhaite la bienvenue sur mon site ! Voici mes prestations :

ligne directe +49 (0)176 897 66 256
INTERPRETATION de conférence ALL ⇆ FR et à partir de l'anglais
conférences et accompagnement
— installations d'entreprises en Allemagne
rencontres bilatérales de haut niveau
— organisation/traduction de stages de formation

MODES d'interpretation
consécutive et simultanée  
de liaison
sur scène (festivals)

CLIENTS
—  entreprises et universités
—  ambassades et ministères
—  institutions européennes et internationales
—  festivals internationaux
—  diffuseurs, distributeurs, maisons d'édition et de production de films

Le meilleur moyen de me contacter, c'est par e-mail ! Je réponds dans un délai d'un jour.  


SERVICES +
accompagnement dans les démarches administratives 
connaissance du terrain
préparation rigoureuse des sujets
— traduction de scénari 
— prospection de marché, recherche de coproducteurs (cinéma)
— sous-titrage et traduction simultanée de films (festivals)
 20 ans d'experience

Ici, vous trouverez quelques références. Tags : Interprète Berlin, français, allemand, anglais, interprète simultanée, traducteur simultané, traduction chuchotée, interprète de conférence, interprète d'accompagnement, interprète de liaison, médiateur linguiste, interprète diplômé, consécutive, économie, commerce, cinéma, arts, architecture, achat d'appartement, politique, énergie, tourisme, Histoire d Berlin, design, durabilité, dossier de production, demande de subventions, FFA, minitraité, Berlinale, CNC, Ambassade
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Photo : Friederike Elias

02.08.2026

Mon bureau ce lundi (1)

Gu­ten Tag & hel­lo! Ici, je par­tage avec vous le quo­ti­dien d’une in­ter­prète de con­fé­rence et tra­duc­trice. De lan­gue ma­ter­nelle al­le­mande, je tra­vaille en fran­çais et en an­glais. Ma col­lègue de bu­reau tra­duit vers l’an­glais. En été, tout fonc­tionne au ra­len­ti.

PAUSE
En pau­se d'été et tou­jours sur pla­ce
En sai­son, nous tra­vaillons de temps à autre en équipe sur des tex­tes plus im­por­tants. Mais en ce mo­ment, la plu­part de nos cli­ents sont en va­cances et nous aus­si fai­sons une pau­se es­ti­vale. Nous res­tons toute­fois à Ber­lin et se­rons ra­vies de vous ac­com­pag­ner en tant qu'in­ter­prè­tes, pen­dant que la plu­part des gens sont en va­can­ces, à vos RDV à la mai­rie, chez le no­tai­re, à la cli­ni­que, ou en­core pour vos sé­an­ces de shop­ping et vos vi­si­tes de la vil­le !

Vo­ici ce qui est sur le bu­reau ce lun­di
❦ pré­pa­rer la lis­te ter­mi­no­lo­gique de la der­nière mis­sion
❦ re­lan­cer les fac­tures im­payées
❦ ins­crire au crayon les ren­dez-vous dans le nou­vel agen­da

Les « ren­dez-vous au crayon » sont ceux pour les­quels nous avons en­voyé un de­vis et dont nous blo­quons la date sous ré­serve. Avant le Co­vid, nous ob­te­nions un ac­cord pour un de­vis sur trois. Au­jour­d’hui, c’est plu­tôt un sur quinze. Il faut donc sou­vent sor­tir la gomme !

Dans le monde po­li­tique, on échange de plus en plus sou­vent en Glo­bish, jusqu’à ce que les char­gés de mis­sion et les ser­vices lin­guis­tiques aient trop à ré­pa­rer et qu’il y ait un re­tour cri­ti­que. À côté de cela, cer­tai­nes « agen­ces » sur In­ter­net trom­pent leurs cli­entes et clients en re­te­nant sou­vent 50 % de nos ho­no­rai­res pour re­dis­tri­buer les mis­sions à celles et ceux qui ac­cep­tent ce sys­tème. (Moi ? Très peu pour moi.) Per­son­nel­le­ment, je trouve que cinq à quinze pour cent res­tent ac­cep­ta­bles : au-­delà, cela de­vient cri­tique.

Et voi­là que les en­tre­pri­ses tech­no­lo­gi­ques ar­ri­vent à leur tour au rat­elier, en ven­dant de l’« in­ter­pré­ta­tion par IA ». Or nous sa­vons dé­sor­mais que l’IA n’est pas ca­pa­ble de le fai­re cor­rec­te­ment. Il lui man­que la for­ma­tion, l’ex­pé­rience, la vue d’en­sem­ble et la ri­gueur que nous, les hu­mains, met­tons dans no­tre tra­vail : la ca­pa­cité à com­pren­dre ce qui fait la com­mu­ni­ca­tion, à éva­luer cor­rec­te­ment les in­ter­lo­cu­teurs et le pub­lic, à s’adap­ter, à re­for­mu­ler en cas d’in­com­pré­hen­sion et à res­pec­ter la con­fi­den­tia­lité.

On ver­ra quel « tra­vail de net­toya­ge » me tom­be­ra en­core des­sus cet été. La plu­part du temps, il s’agit de cor­ri­ger des tra­duc­tions gé­né­rées par l’IA, où er­reurs, mau­vais pla­ce­ments et hal­lu­ci­na­tions dé­fi­gu­rent le ré­sul­tat. Car à quoi ser­vent des in­for­ma­tions faus­ses à hau­teur de 20 % en­vi­ron pour les tex­tes, ou pres­que de moi­tié pour les trans­crip­tions orales ?

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Gra­phi­que : C.E. avec pixlr.com + Let­ter­set

29.07.2026

Interprète de médias

Ici Ber­lin, bon­jour ou bon­soir ! Vous li­sez ici un jour­nal de tra­vail con­sacré aux lan­gues, à la tra­duc­tion, à l’in­ter­pré­ta­tion et aux échan­ges cul­tu­rels. En tant qu’in­ter­prè­te in­dé­pen­dan­te, je tra­vaille là où l’on a be­soin de moi : dans une ca­bi­ne d’in­ter­pré­ta­tion, chez mes cli­ents ou sur un pla­teau de tour­na­ge.

Dois-je con­seil­ler aux jeu­nes qui dé­bu­tent dans le mé­tier d’é­tu­dier la tra­duc­tion et l’in­ter­pré­ta­tion dans le but de tra­vailler pour les mé­dias et le ci­né­ma ? Ma ré­ponse est très clai­re : non. 

Caroline Elias
Au travail (dans la pièce à côté)

Le tra­vail dans l’au­dio­vi­suel ne com­mence pas par les émis­sions té­lé­vi­sées en di­rect, aux­quel­les ac­cè­dent fi­na­le­ment très peu d’in­ter­prè­tes. Cela dé­pend du lieu où l’on ha­bite, des ha­sards, des con­tacts et, bien sûr, du ta­lent, de la flui­di­té du tra­vail et de la voix. Mais avant d’en ar­ri­ver là, il faut des an­nées, voire des dé­cen­nies de pra­ti­que, no­tam­ment dans les con­fé­ren­ces : pour ga­gner sa vie, mais aus­si pour s’en­traî­ner.

Dans le sec­teur de l’in­ter­pré­ta­tion mé­dia­ti­que, l’une des mis­sions les plus fré­quen­tes est l’in­ter­pré­ta­tion sur les lieux de tour­na­ge.

Il s’a­git sou­vent, très con­crè­te­ment, d’in­ter­pré­ter des in­ter­views. Sur un tour­na­ge, tout est ce­pen­dant très dif­fé­rent d’une con­fé­ren­ce clas­si­que. Nor­ma­le­ment, nous tra­vaillons en bi­nô­me, voire à trois lors des pres­ta­tions lon­gues. 

L’in­ter­pré­ta­tion est une ac­ti­vi­té ex­trê­me­ment fa­ti­gan­te : au bout de vingt ou trente mi­nu­tes, la pré­ci­sion di­mi­nue et nous nous re­layons gé­né­ra­le­ment. C’est aus­si un tra­vail d’é­qui­pe : nous nous no­tons mu­tuel­le­ment les noms, les da­tes et les chif­fres, et il faut par­fois en­co­re vé­ri­fier un ter­me à la der­niè­re mi­nu­te.

Sur un tour­na­ge, par con­tre, l’in­ter­prè­te est sou­vent seul­e. Et son tra­vail ne se li­mi­te pas à trans­po­ser les pa­ro­les d’une lan­gue à l’au­tre.

Il faut d’a­bord éta­blir le con­tact avec les per­son­nes in­ter­ro­gées. Sou­vent, c’est moi qui ai as­su­ré les échan­ges pré­pa­ra­toi­res et qui con­nais donc déjà le con­tex­te, les per­son­nes et les su­jets. Pen­dant l’in­ter­view, je dois être suf­fi­sam­ment pro­che pour que le dia­lo­gue res­te na­tu­rel­le, mais aus­si suf­fi­sam­ment dis­crè­te pour ne pas per­tur­ber l’i­ma­ge.

Il ar­rive donc que je sois as­si­se à cô­té de la ca­mé­ra. Je dois ré­dui­re mes mou­ve­ments au mi­ni­mum, évi­ter de tous­ser et uti­li­ser mon pro­pre mi­cro­pho­ne pour l’in­ter­pré­ta­tion con­sé­cu­ti­ve. Les in­ter­views durent donc plus long­temps que dans une si­tu­a­tion mo­no­lin­gue. Et pen­dant que l’é­qui­pe at­tend, le temps con­tinue de tour­ner.

Mais le plus in­té­res­sant est peut­être ce qui se pas­se au­tour de l’in­ter­view. Sur un tour­na­ge, l’in­ter­prè­te de­vient sou­vent, de fait, la per­son­ne de ré­fé­rence pour l’é­chan­ge et la com­mu­ni­ca­tion gé­né­ra­le.

Est-ce que cet­te pri­se élec­trique sup­por­te le pro­jec­teur ? Pou­vez-vous en­le­ver cet­te ves­te à pe­tits mo­tifs à ca­rreaux ? Elle ris­que de pro­vo­quer des ar­te­facts à l’i­ma­ge. Peut-on dé­pla­cer cet­te plan­te ? Et cet ar­moire ? Le res­tau­rant ne peut nous ser­vir que si nous ar­ri­vons avant vingt heu­res. L’hô­tel n’a mal­heu­reu­se­ment que ce type d’o­reil­ler. Et si vous pou­viez ve­nir de­main à sept heu­res au lieu de qua­tor­ze ?

J’exa­gè­re ? À pei­ne.

Par­fois, le con­tex­te ma­té­riel finit par éclip­ser com­plè­te­ment la mis­sion pro­pre­ment dite : l’in­ter­view.

C’est aus­si pour cet­te rai­son que les con­di­tions de tra­vail et la ré­mu­né­ra­tion des in­ter­prè­tes sur les tour­na­ges po­sent pro­blè­me. Dans le sec­teur au­dio­vi­suel, on nous con­fond par­fois, au vu des ho­no­rai­res pro­po­sés, avec des pres­ta­tai­res tech­ni­ques ou des per­son­nes dé­bu­tan­tes, com­me si l’in­ter­pré­ta­tion était une com­pé­ten­ce que l’on pou­vait ac­qué­rir en quel­ques mi­nu­tes.

Or, une in­ter­pré­ta­tion pro­fes­sion­nel­le ne con­sis­te pas à « te­nir cinq mi­nu­tes ». Lors­qu’un in­ter­view est fil­mé, on ne peut pas tra­vailler phrase par phrase et cor­ri­ger en­sui­te ce qui n’a pas fonc­tion­né. Si la per­son­ne qui in­ter­prè­te perd le fil, si les idées s’em­mê­lent ou si la bar­riè­re lin­guis­ti­que de­vient vi­si­ble, tout cela se re­trou­ve à l’i­ma­ge.

Et c’est pré­ci­sé­ment ce que l’on es­saye d’é­vi­ter.

Notre tra­vail con­sis­te à trans­met­tre la pa­role de ma­niè­re na­tu­rel­le et flui­de, à per­met­tre un vé­ri­ta­ble échan­ge, au point que nous puis­sions dis­pa­raî­tre der­riè­re les voix que nous fai­sons en­ten­dre. Nous som­mes les meil­leu­res lors­que per­son­ne ne re­mar­que no­tre tra­vail.

C’est d’ailleurs ce qui me pré­oc­cu­pe dans cer­tai­nes pro­duc­tions ré­cen­tes. J’ai vu des per­son­nes al­le­man­des, fil­mées ma­ni­fes­te­ment en Al­le­ma­gne, s’ex­pri­mer en an­glais. Un pro­ta­go­nis­te al­le­mand d’un do­cu­men­taire de­vait ain­si par­ler an­glais pour s’a­dres­ser à une ré­a­li­sa­tri­ce fran­çai­se, alors que leur échan­ge s’é­tait jus­que-là dé­rou­lé en fran­çais. L’in­ter­pré­ta­tion n’é­tait plus pré­vue que pour les sé­quen­ces d’in­ter­view. (C’é­tait une pro­duc­tion d’Ar­te.)

Ce mé­lan­ge de lan­gues étran­gè­res est sou­vent ar­ti­fi­ciel et peu na­tu­rel. Il tra­hit une cer­tai­ne mé­fi­an­ce à l’é­gard de l’in­ter­pré­ta­tion pro­fes­sion­nel­le.

Pour­tant, la pos­si­bi­li­té de par­ler sa pro­pre lan­gue est aus­si une ques­tion de li­ber­té et de di­gni­té. Dans les échan­ges in­ter­na­tio­naux, elle est aus­si un acte de di­plo­ma­tie. Comme le di­sait Hans-Die­trich Gen­scher, que j’ai eu l’oc­ca­sion d’in­ter­pré­ter en 2010 : « En an­glais, je dis ce que je peux dire, mais dans ma lan­gue ma­ter­nel­le, je dis ce que je veux dire. »

Le mé­tier d’in­ter­prè­te de­mande des an­nées de for­ma­tion et de pra­ti­que. Il faut con­naî­tre les lan­gues, bien sûr, mais aus­si sa­voir écou­ter, ana­ly­ser, res­ti­tuer, s’a­dap­ter à une si­tu­a­tion et tra­vailler sous pres­sion. Sur un pla­teau de tour­na­ge, il faut en plus com­pren­dre les con­train­tes de la pro­duc­tion, le rythme, le son, l’i­ma­ge et les im­pré­vus.

Si l’on ne donne plus aux jeu­nes pro­fes­sion­nel­les la pos­si­bi­li­té de tra­vailler sur des tour­na­ges et d’y af­fi­ner leur ex­pé­rien­ce, où trou­ve­ra-t-on, dans quel­ques an­nées, les in­ter­prè­tes hau­te­ment qua­li­fiées dont les mé­dias au­ront be­soin pour les émis­sions en di­rect ? 

Et nous con­nai­ssons les li­mi­tes de l’IA. La com­mu­ni­ca­tion en di­rect est pré­ci­sé­ment l’un des do­mai­nes où elle at­teint ra­pi­de­ment ses li­mi­tes, et cela ne chan­ge­ra pas de si­tôt : elle ne sai­sit pas tou­jours les nu­an­ces, les mots mar­mon­nés, l’i­ro­nie, les sous-en­ten­dus, les hé­si­ta­tions ou les ré­ac­tions im­pré­vues. Bref, tout ce qui fait aus­si la com­ple­xi­té et la ri­ches­se d’un é­chan­ge hu­main.

Sur les tour­na­ges à l’é­tran­ger, nous, les in­ter­prè­tes, som­mes sou­vent le pi­vot de tou­te la com­mu­ni­ca­tion. Nous som­mes au cœur du dis­po­si­tif, le point de con­tact en­tre les per­son­nes, les lan­gues et les é­qui­pes. Et pour­tant, nous som­mes aus­si sou­vent les ou­bli­ées du gé­né­ri­que.

No­tre tra­vail n’est vi­si­ble que lors­qu’il a été mal fait. Avec des pro­fes­sion­nel­les, à la fin, tout sem­ble si na­tu­rel que l’on pour­rait croi­re que tout le mon­de a par­lé une seu­le et mê­me lan­gue.

C’est peut-­être là, fi­na­le­ment, la plus bel­le dé­fi­ni­tion de no­tre mé­tier : être le pi­vot de tout un é­chan­ge sans ja­mais en de­ve­nir le cen­tre de l’i­ma­ge.

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Foto: C.E.